localtis nov 2010

Le numérique à l’école n’est pas qu’un problème de financement

Le numérique à l’école n’est pas qu’un problème de financement

E-éducation Publié le lundi 22 novembre 2010

Elus locaux et experts se sont réunis en forum pour envisager ensemble les leviers et les freins au développement des TIC dans les écoles et collèges, dans l’attente du plan national de Luc Chatel. L’enjeu financier est prépondérant. Mais il n’est pas le seul.

extrait localtis :

Equiper avec ou sans subvention

« Nous pouvons dire merci à la crise. Sans elle, il n’y aurait pas eu de plan de relance et sans relance pas d’écoles numériques rurales [ENR] », a lancé de façon volontairement provoquante Fabrice Dallongeville, maire d’Auger-Saint-Vincent (Oise) et membre de la commission TIC de l’AMRF. Le maire a rappelé que l’Etat avait apporté 50 millions d’euros puis une rallonge de 17 millions pour équiper de classes mobiles et de tableaux numériques interactif (TNI ou TBI) près de 8.000 écoles rurales en quelques mois. Désormais, l’AMRF demande un second plan ENR tandis que quelques problèmes de maintenance se posent. L’élu a notamment conté sa mésaventure : la société locale qui assurait la vente et le suivi de l’offre ENR a déposé le bilan…
A Elancourt, Anne Capiaux, maire-adjointe chargée des nouvelles technologies, a rappelé que sa commune avait supprimé certains budgets de communication (les voeux du maire, le 14 juillet, etc.) pour équiper toutes les classes de TNI et de chariots mobiles d’une trentaine de PC.
Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne), la ville de l’ancien ministre de la Réforme de l’Etat Henri Plagnol, démarre un projet de recherche-action avec l’université Paris-Descartes : « Il y a beaucoup d’expériences magiques mais nous sommes encore très loin de la dissémination », a souligné Pascale Luciani-Boyer, maire-adjointe déléguée à l’accueil de l’enfant. Pour cette élue, également présidente de la commission éducation/TIC de l’Association des maires d’Ile-de-France (Amif), le problème massif de déploiement ne dépend pas seulement de « la taille des tuyaux » (les réseaux), des financements des machines, des contenus pédagogiques, des services de l’ENT et de leurs usages, mais surtout du fait « d’avoir les compétences locales pour mener les projets en partenariat avec l’Education nationale et les parents ».

Plan national pour les TICE

« A ceux qui demandent où sont les pépettes [sic], je réponds que le budget de l’Education nationale a progressé de 30% en dix ans. Nous ne pouvons plus mettre davantage de moyens publics. Ou alors dites-moi où les trouver ? Ceux qui attendent du ministre Luc Chatel un chèque de 10 ou 12 milliards pour les équipements seront déçus. Le plan numérique à l’école annoncera plutôt un certain nombre de micromesures intelligentes et des partenariats avec les collectivités qui, elles, ont encore des moyens », s’est avancé Jean-Michel Fourgous dont le rapport « Réussir l’école numérique » a servi à préparer le plan national.
Depuis son entrée en fonction à la tête du ministère, Luc Chatel, confirmé à son poste dans le nouveau gouvernement Fillon, ne cesse de répéter que le numérique est l’une de ses priorités. Il annonce l’approche de son plan pratiquement chaque mois depuis plus d’un an. Il devrait avoir au moins deux occasions de lever le voile sur ses propositions innovantes dans les jours qui viennent : le salon Educatice et le congrès des maires se déroulent en parallèle, comme chaque année, à la porte de Versailles, du 23 au 25 novembre. Beaucoup espèrent que la montagne accouchera de plus d’une souris !

Luc Derriano / EVS