Rentrée scolaire 2013: La Calculette est morte….. vive la tablette numérique

ludovia 2013 03 ludovia2013

A Ludovia cette année le mettre mot était : IMAGINER

IMAGINER L ÉCOLE DE DEMAIN AVEC LE NUMÉRIQUE

Alors pour les 10 ans de nos rencontres sur le sujet il est temps d’innover : En cette rentrée scolaire la liste des fournitures scolaires pourrait bien voir un nouvel intrus destituant la calculette dans nos cartables d’écoliers ,…. les tablettes numériques. VOIR ARTICLE associé pcinpact

et le suivant pcinpact

A l’heure où 90 % de la population française de moins de 60 ans est connectée et possède un terminal smartphone et/ou tablette numérique, l’école doit ouvrir ses portes souvent trop étanches à ce nouvel entrant numérique.

La Caf au secours de la tablette numérique pour tous les élèves

Une tablette numérique ou un smartphone à écran suffisamment large voilà un outils à mettre dans la liste des fournitures de rentrée pour chaque élève à destination des familles. Je vois ici certains brandir le «  Et la fracture numérique alors ! » . Il suffit pourtant de revenir au dispositif existant et fonctionnel qu’est notre caisse d’allocations familiales. C’est elle qui, dans ses missions, à chaque rentrée scolaire compense par une allocation de rentrée ces écarts entre les familles. L’allocation de rentrée (Ars) doit permettre d’acquérir au lieu de la calculette spéciale  ( ente 20€ et 180 € prix moyen 110€ ) éducation ou collège, une tablette ou smartphone à prix bientôt équivalent ( ente 110€ et 190 € ) . Sans surcoût pour l’état ni pour les familles, cette optimisation d’argent public offre l’avantage du redéploiement de ressources en direction du corps enseignant(équipements, formation, contenu pédagogique,…). Enfin la révolution numérique sera intra scolaire.

Depuis 10 ans une évolution numérique avant la révolution

Auparavant seule l’exception éducative prévalait. L’école devait rester un havre de paix numérique et cherchait à se prémunir de ce ras de marée sociétal extérieur. L ‘école devait conserver ses capacités de contrôle et d’exercice de la pédagogique éprouvée existante, et recherchait à contrôler tout objet entrant numérique. Harnaché de multiple protections et possibilités de contrôle, des outils numériques, spécifiques, dédiés à l’Éducation Nationale ont tenté de s’imposer. Assurant ainsi la stabilité du système immuable en n’introduisant non pas la révolution numérique mais seulement une évolution numérique.

L’excès de normes est source de surenchère dispendieuse d’argent public

Ordinateur et salle informatique sous contrôle ont vu leur apparition suivis de tableau non plus noir mais numérique prenant place au sein même du sacro-saint espace de la classe. Vu comme un outils nécessaire d’équipement permettant d’atteindre les objectifs scolaires leur financement a donc été dévolu aux collectivités territoriales (loi de décentralisation), ouvrant le champs d’une surenchère d’argent public. D’une part, parce que les coûts d’acquisition de matériels non grand public en faisait de facto des produits onéreux et d’autre part, l’équipement numérique, dit pédagogique, ne pouvait être défini dans sa configuration de base compte tenu de ses caractéristiques d’innovation permanente. Enfin sa médiatisation d’acquisition prêtait le flan à des volontés de communication politique pas toujours en adéquation avec une recherche d’efficacité éducative (Val de Marne 13 millions d’euros pour les collégiens ). Cette vision refermée et protectionniste du système Éducatif dans son ensemble, a contribuer à la surenchère économique et par voie de conséquence au ralentissement de l’introduction massif des usages numériques dans les établissements scolaires fautes moyens nécessaires suffisants.

Le Numérique mobile dans l’école pour former le citoyen de demain

Car il s’agit bien d’usages numériques et non d’outils modifiant la société à l’extérieur des murs de l’école. L’école étant une partie de ce tout sociétal ses mutations profondes ne pouvaient que s’infiltrer et submerger le navire Éducation Nationale. La vraie révolution est arrivée par l’utilisation des smartphones ou tablettes numériques redéfinissant par l’usage les notions d’espace et de temps autant que nos modèles d’organisation. Pour accélérer définitivement notre entrée de l’école dans le vrai monde numérique qui l’entoure il faut lui donner la capacité de former le citoyen de demain . Pour cela tous les élèves de France doivent pouvoir disposer des outils de base du monde connecté à savoir un terminal de réception smartphone ou tablette numérique (aujourd’hui). Ceci à ne pas mettre en opposition mais en miroir de la transformation des usages pédagogiques amenés par l’utilisation de matériels numériques destinés au corps enseignant créateur de parcours de développement des compétences de ce citoyen de demain..

Et re-voila le corps des anti-écrans qui agiteront le chiffon rouge du tout-écran, des utopistes du XXI eme siécle qui comme certains se battaient contre l’arrivée de l’automobile au profit de la voiture à cheval plus sure ou comme ceux qui refusaient de voir la place des ampoules électriques en préférant les bougies de nos rues , trouveront tous prétextes, dont la liste est longue, pour refuser l’addiction scolaire.

La tablette numérique dans tous les cartables avant le cartable dans toutes les tablettes éducatives?

Les outils personnels numériques des élèves dans l’école sont une source de vraie innovation. Pour une raison très simple, nous adultes génération X, anticipons ce qu’ils en feront alors qu’eux les « digital natives » inventent et détournent nos prévisions d’usages. C’est pourquoi il ne faut pas attendre que tous les aspects de contrôle et de spécificités identitaires « Éducation Nationale » soient réglés car il sera trop tard si ce n’est pas déjà le cas. Cessons de rechercher à tout réglementer en amont et préférons agir en aval car le seul risque pris est de tuer dans l ‘œuf l’innovation. Libérer les innovations intra-scolaires pour mieux agir sur le monde extra-scolaire de demain ( initier plutôt que sanctionner) c’est libérer les énergies et la création dont les enseignants sont demandeurs. La Wallonie en Belgique a fait le choix d’ouvrir l’école pour libérer la créativité des enseignants et ça fonctionne ( reportage TV Fr3 Ludovia)

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3 commentaires à “Rentrée scolaire 2013: La Calculette est morte….. vive la tablette numérique”

  1. Abdullah de Bourgogne 11 septembre 2013 à 21 h 07 min # Répondre

    Bonjour Madame,

    Je me permets, par ce modeste commentaire, de vous faire part de quelques réserves sur la vision de l’école que vous défendez.

    En effet, il me semble nécessaire de replacer votre analyse dans le contexte socio-économique actuel. La France est un pays aujourd’hui au bord du gouffre : une dette colossale due à un racket bancaire implacable, une paupérisation grandissante, un taux de chômage en constante augmentation, une désindustrialisation effrénée qui va amener progressivement une perte des savoir-faire et des innovations dans notre pays, un effritement du « vivre ensemble » au profit d’une société de plus en plus communautarisée…
    De plus, face à la mondialisation, le vieux modèle social français n’a pas d’autres choix que de se mettre au pas sur un logiciel anglo-saxon, c’est-à-dire privatisations, mises en concurrence et Etat-Providence réduit au strict minimum.

    Le processus a déjà commencé depuis longue date et continue de croître. Lentement mais sûrement.

    La Caisse d’Allocations Familiales, vous le savez, se retrouve en première ligne par rapport à ces problématiques. En tant qu’organisme public, sa mission principale est de protéger les ménages et les familles face à la précarité. Cette prérogative devient cruciale en période de crise et la CAF doit en permanence équilibrer exigences budgétaires et mission de salubrité publique.

    Ces derniers temps, la CAF – comme toutes les branches de la Sécurité Sociale – semble prise d’une fièvre 2.0 qui constitue un curieux décalage par rapport aux réalités « du terrain ». Il y a peu, celle-ci avait proposé un jeu concours adressé aux allocataires qui s’inscriraient en ligne, avec à la clé, des tablettes tactiles en cadeau (Encore des tablettes tactiles ! Un directeur de la CAF serait-il tombé par hasard sur un camion Black Berry abandonné ou aurait-il des accointances avec Apple ?). Cette opération avait soulevé de vives émotions de la part des assurés. Nous pouvons aisément comprendre ces réactions en période de rigueur budgétaire. Bien entendu, il ne s’agit pas d’écarter les NTIC d’un revers de la main et de les considérer comme de futiles gadgets ! Il est tout-à-fait normal que les Institutions s’adaptent et accompagnent ces pratiques. Par exemple, en proposant des applications sur smartphones. Mais de là à en faire un sacerdoce, il y a un fossé.

    Ensuite, de telles dépendances me paraissent être peu judicieuses dans le système éducatif. En effet, Le Monde a relayé les résultats d’une étude américaine soutenant la thèse que les tablettes tactiles n’apportent aucun gain pédagogique en termes d’apprentissage et de pédagogie. De plus, l’Académie Française, le Ministère de l’Education Nationale, les enseignants, les pédopsychiatres et les parents soulignent un analphabétisme croissant chez les plus jeunes. Il devient urgent que les pouvoirs publics contrecarrent cette tendance alarmante.

    Bref, faire « du forcing » à ce point pour développer ces outils me semble superfétatoire. Vous le savez, les usages du numérique ont souvent été impulsés par le marketing émanant du privé, et sont parfois réappropriés (voire réinventés) par les utilisateurs eux-mêmes. Telle est la fameuse épopée des geeks, segment autrefois méprisé, aujourd’hui placé en figure de proue du sacro-saint progrès. Les jeunes sont même les premiers à assimiler et à initier ces pratiques, y compris ceux des couches les plus défavorisées.

    Je vous remercie d’avance d’avoir pris le temps de lire ce commentaire et je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes salutations distinguées.

  2. Pascale 13 septembre 2013 à 7 h 18 min # Répondre

    Monsieur,

    Vous soulignez dans votre propos deux sujets celui économique et celui du moyen choisi pour atteindre l’objectif « la réussite à l école pour tous ».

    Sur le premier sujet si je partage totalement le constat de gouffre économique auquel je rajouterai pour compléter le tableau de gâchis d’argent public récurrent je pense que mes propos relayé par la presse sur un titre volontairement accrocheur  » la CAF au secours des tablettes numériques » n’a pas aidé à la bonne compréhension. Aussi j’y reviens en précisant que en AUCUN cas mon propos ne vise à alourdir les charges pesant sur la caisse d’allocations familiales mais de rappeler les aides existantes en matière d’allocations de rentrée scolaire répondant à l équité pour tous les élèves à s’équiper personnellement de fournitures scolaires. Le sujet principal économique réside dans la répartition des charges économiques. Aujourd’hui les collectivités assurent la charge des équipements scolaires y compris numérique pour une part croissante de leur budget . Or l’équipement des élèves qui est un sujet de réussite nous y reviendrons est très inéquitablement réparti sur le territoire français. Compte tenu des coûts nécessaires pour déployer massivement auprès de tous nos élèves des outils support pour le numérique scolaire la dynamique ne prend pas et la France reste très très en retard en Europe mais également par rapport à des pays émergents. En conséquence l’équipement inégal sur le territoire est devenu une arme economico-politique à visée électorale, arme à brandir opportunément selon les types d’élection. Or notre argent public serait bien plus utile si il était affecté dans l’accompagnement du numérique pour les enseignants et non pour les élèves dont la charge reste individuelle. il s’agit ici uniquement de répartition d’un côté l’argent de nos impôts pour financer l’éducation avec du numérique : formation enseignant, contenu, matériel, connexion, accompagnement au changement de l’autre les ressources des ménages et des familles pour apporter à l école TOUT matière individuel. Or en France pour répondre à « liberté, égalité , fraternité » au fronton de no etablissemments scolaires nous avons une aide existante administrée par la CAF. Il appartient donc aux familles de s’équiper et à la Caisse d’allocation familiale et non aux collectivités d’assurer l’équité d’équipement. Dans cette AIDE EXISTANTE sans revalorisation supplémentaire ( cela viens d’être fait) la disparition de la fourniture  » calculette  » sera remplacée par la tablette ou smartphone de format suffisant. A ce titre je ne peux que regretter la disparition des réductions d’impôts attachées aux charges induites dans le cadre de la scolarisation des enfants.

    Pour le sujet pédagogique, si en effet une étude, que j ai lue, présente les limites de l’outil, elle est très largement contrebalancée par une pléthore d’autres qui vont dans le sens amélioration du calcul mental niveau d’attention accru, utilisation des aspects ludo-éduactifs et du plaisir d’apprendre gage de réussite, sans compter les aspects connexes, capacité d’interactions multiples, travail collaboratif, et pour revenir au sujet économique, mise à disposition de contenus pédagogiques. Les contenus papier fournis par l’éducation nationale sont également très gourmands d’argent public en impression et distribution. Alors, si au lieu de faire des photocopies à tour de bras en plus du transport des ouvrages édités, l’essentiel se trouvait au cœur d’un outils mobile adapté et multifonctions comme les tablettes ou smartphones, Oui il y aurait des ÉCONOMIES ET NON DES DÉPENSES SUPPLÉMENTAIRES.

    En vous remerciant Monsieur pour votre interrogation et inquiétude posée sur mes propos qui me permettent d’expliciter cette aspect de ma proposition.
    Bien cordialement

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