Evolution Darwinienne de la politique : Retour sur le Salon des maires d’Ile de France

 Evolution Darwinienne de la politique : Retour sur le Salon des maires d’Ile de France

Le salon des Maires d’Ile de France se termine en pleine campagne présidentielle et à J-22 de l’élection. Regroupement d’élus locaux et nationaux ( lié au cumul de mandats ), le salon bouillonne d’échanges politiques nourris par l’actualité dans ce microcosme que je connais assez bien de l’intérieur. Alors, après ces 3 jours de salon et de nombreux échanges, j’ai échangé le micro contre le stylo.

Ralliement ou pas ralliement étaient les questions posées à ceux, issus de la droite, du centre ou de la gauche qui devaient, les malheureux, se justifier par des explications voir des justifications de soutien à Emmanuel Macron. Cherchant des excuses pratiquement en demandant pardon d’avoir quitté « cette famille » historique à laquelle ils et elles pensaient appartenir, ils objectent de la nécessité d’un gouvernement d’Union Nationale, d’autres de barrer la route aux extrêmes, d’autres encore du rejet de la corruption. Mais le vote « En Marche » n’est pas un vote « Contre ». Il est avant tout un vote «Pour».

La génétique au secours des mutations politiques

Comme dans les guerres de clan, nous pourrions nous retrouver plongés dans Shakespeare avec Roméo et Juliette et cette sacro-saint logique clanique qui étouffe. Incapable de se renouveler, le clan en devient consanguin jusqu’à sa destruction.

Je suis Biologiste de formation et déjà mon livre « L’Elu(e) face au numérique », éd. B Levrault, empruntait beaucoup aux écosystèmes naturels du vivant. Engagée et actrice de politique locale, j’y ai croisé toutes sortes d’individus des plus nobles au plus viles comme dans le reste de la société mais avec le pouvoir en plus. Aussi, ma comparaison sera issue de la théorie des systèmes complexes, de l’évolution et au Darwinisme évolutionniste. C’est ainsi que, de nombreuses civilisations se sont éteintes dans l’histoire des êtres vivants et des humains. Pourquoi en serait-il autrement des groupes politiques ? Ces ethnies en voix de recomposition qui par élimination des plus inadaptés, dans un sursaut de conscience, opèrent l’inévitable croisement « génétique » nécessaire pour faire émerger un nouveau groupe plus évolué, plus adapté aux contraintes actuelles et capable de faire face au enjeux. Faute de renouvellement par brassage, l’ethnie politique démocratique serait bien capable de sombrer dans un chaos destructeur.

De ce point de vue, ce qui conduit aujourd’hui des femmes et des hommes de tous horizons expérimentés et non expérimentés de la politique est, avant tout, la prise de conscience que plus rien ne sera jamais comme avant et qu’il faut urgemment opérer des croisements en prenant le meilleur de chacun et surtout issus de clans, d’ethnies différentes. C’est ainsi, uniquement, que la nature procède depuis la nuit des temps pour que nous progressions.

Alors aujourd’hui, le progressisme prôné par Emmanuel Macron n’est pas qu’une posture programmatique, c’est un progressisme génétique d’ADN politique dans lequel il est vital de se fondre pour que perdure la politique.

Emmanuel Macron Catalyseur d’évolution

Emmanuel Macron est celui qui aura su catalyser les différents réactifs de la société pour produire une nouvelle molécule politique complexe. Sans toujours le savoir, les différents mouvements ou collectifs citoyens, avec une dispersion sans égale, avaient créer cette entropie nécessaire à la création d’une nouvelle entité ou ethnie politique, fruit de l’évolution. La force d’un homme et son intelligence lui auront permis de saisir ce moment fragile et magique à la fois où tout se décompose (il est difficile de dire le contraire ) et tout se recompose différemment pour un nouvel équilibre jusqu’au prochain chaos. Encore ici, une référence biologique de Lavoisier : « Rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme », qui conforte, si nécessaire, les forces naturelles en présence que certains ne veulent pas voir.

Pour ma part, j’ai voté A.Juppé à la Primaire de la droite et du centre et je suis engagée auprès d’ Emmanuel Macron . Est-ce incompatible ? D’aucuns diront que oui , j’ai entendu la radicalisation de certains de mon « ancienne famille politique ». Je lis la violence sans égale sur les réseaux sociaux, j’entends l’accusation de trahison venue de ceux qui, accrochés à leur circonscription, voient comme une danger ce qu’ils identifient comme un changement de camp. En politique cela est qualifié de girouette.

Aujourd’hui je sais …. Je suis progressiste

Je suis élue locale EN MARCHE et je ne souhaite pas me justifier mais expliquer auprès de ces amis de droite et du centre qui me reprochent d’être « tombée à gauche ». En effet, ceux qui n’ont pas compris que, comme nombre de nos concitoyens, je n ai jamais été de droite ou de gauche, j ai suivi des engagements sur le chemin qui me semblait à chaque fois être celui de la raison, de l’éthique et de l’avenir. Alors aujourd’hui, je ne peux m’empêcher de remercier Emmanuel Macron pour ce travail énorme sur les mentalités qu’il a déjà accompli, cet écosystème d’agitation qui autorise l’évolution.

Grâce à lui, aujourd’hui, je me sens rassurée : je ne suis pas une traitre, je ne suis pas une girouette, aujourd’hui je sais :

… Je suis une progressiste.

Pascale Luciani-Boyer @paslucianiboyer ( non candidate aux législatives 2017 )

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire